Rétablissement du Languedoc-Roussillon : les sénateurs réagissent

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Le vote en seconde lecture au Sénat interviendra au plus tard le 30 octobre
Le vote en seconde lecture au Sénat interviendra au plus tard le 30 octobre
Après le vote en commission des lois du Sénat, le 21 octobre, d'un amendement rétablissant le Languedoc-Roussillon sur la nouvelle carte des régions, les sénateurs campent sur leur position, en vue du vote prévu d'ici le 30 octobre.

Le président du Conseil régional Midi-Pyrénées, Martin Malvy, ne souhaitant pas s'exprimer au-delà de l'interview déjà accordée en début de semaine à Objectif Languedoc-Roussillon, son homologue du Conseil régional Languedoc-Roussillon, Damien Alary, a réagi dès le lendemain du vote de la commission spéciale du Sénat, quoiqu'en termes très mesurés.

C'est une satisfaction, indique-t-il. La commission spéciale a fait une proposition dont je prends acte. Elle repose sur une carte où nous gardons le Languedoc-Roussillon. Il faudra voir, ensuite, ce qu'en feront les députés après les délibérations et le vote du Sénat. Pour l'heure, je trouve positive cette proposition d'un autre découpage, où l'identité et l'intégrité territoriale du Languedoc-Roussillon sont préservées.

Le vote en seconde lecture du projet de loi au Sénat n'intervenant pas avant le 30 octobre, les sénateurs des deux régions se montrent fidèles aux positions adoptées depuis plusieurs semaines.

Ce n'est qu'une étape dans l'examen législatif, analyse Claude Raynal, sénateur socialiste de Haute-Garonne. L'Assemblée nationale devrait revenir à la carte précédente. Je suis un peu surpris car si nous savions que la question de l'Alsace allait être abordée, celle de la fusion Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon n'était pas d'emblée sur la table. Il faut le voir comme une affirmation de la droite sénatoriale qui veut peser sur le débat.

À l'intérieur du groupe socialiste, une telle éventualité a bien été envisagée en amont du vote de la commission spéciale, comme le révèle Henri Cabanel, sénateur socialiste de l'Hérault.

La commission qui voté cet amendement est composée en majorité de sénateurs UMP et UDI, qui sont dans une position de destruction systématique des propositions de loi faites par le gouvernement au Sénat. Néanmoins, nous en avons discuté en amont au sein du groupe socialiste et il se dégage une position commune pour ouvrir la discussion. Face aux réticences devant cette réforme, il faut consulter les élus locaux et construire le projet avec eux. Il faut trouver les arguments susceptibles de convaincre tout le monde et non décider d'une fusion des régions en haut lieu. C'est une erreur fondamentale de procéder sans concertation. Il y a encore trois semaines de débat au Parlement... Mais je sais par avance que la position du Premier ministre et du ministre de l'Intérieur ne bougera pas d'un iota.

Dans les rangs de l'UMP, désormais majoritaire à la chambre haute et donc au sein de cette commission, cet amendement semble mal passer auprès des partisans de la fusion avec Midi-Pyrénées, comme Jean-Pierre Grand, député UMP de l'Hérault.

C'est un vote regrettable, assène-t-il. Je suis étonné que les départementalistes soutiennent cette initiative car la fusion des régions est en fait une garantie de survie des Conseils généraux : il est évident que les nouvelles régions n'auront pas une vocation de proximité. C'est une position dogmatique, irréaliste - mais qui ne présage en rien du vote final du Sénat. Il faut savoir que les compétences resteront les mêmes pour toutes les régions, quelle que soit leur taille : grandes infrastructures, économie et industrialisation, enseignement supérieur et recherche, formation, etc. Dans ce cadre, peut-on réellement s'imaginer que le Languedoc-Roussillon restera seul, avec son petit budget de 1,3 Md € et son taux de chômage à 15 % ? Selon moi, l'important est de pouvoir additionner des forces, même si le nouvel ensemble avec Midi-Pyrénées ne serait pas non plus d'une force extraordinaire... Mais demain, il pourra bénéficier d'évolutions institutionnelles, qui sont encore possibles.

Anthony Rey, avec Gael Cérez (Objectif News)

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