Le Lab'Tribune zoome sur les nouveaux marchés de la tech

 |   |  960  mots
L'ensemble des participants et des partenaires du Lab'Tribune 2019
L'ensemble des participants et des partenaires du Lab'Tribune 2019 (Crédits : DR)
La Tribune Montpellier organisait son événement dédié à l’innovation, le Lab'Tribune, le 20 février. En présence de 300 personnes, la soirée a déroulé le tapis rouge aux différents visages de la tech, avec des focus sur l’assurtech, les edtech et les cleantech. Le concours de pitch a fait émerger la start-up montpelliéraine Keetiz, spécialiste du cashback.

La transformation numérique de l'économie était le fil conducteur de la soirée Lab'Tribune, organisée par La Tribune Montpellier et qui se déroulait le 20 février à l'Espace Dièze de Montpellier, en présence de quelque 300 personnes. L'événement a fait la part belle à trois nouveaux visages de la tech - assurtech, edtech et cleantech - explorant les bouleversements induits et les opportunités créées.

La start-up montpelliéraine InSitio, qui a développé une plate-forme de gestion locative en ligne à destination des propriétaires-bailleurs, a été sélectionnée par l'accélérateur French AssurTech à Niort, un outil opéré par des mutuelles françaises.

« Les mutuelles et les compagnies d'assurance ne sont pas à l'abri de se faire ubériser, observe ainsi Thibaut Roy, cofondateur de InSitio. Ces grands groupes, en créant cet accélérateur, veulent rester au contact de l'innovation. Notre objectif à nous, c'est de rajouter des services d'assurance sur notre plate-forme : assurances habitation, propriétaire non-occupant et loyer impayés. Travailler avec ces grands groupes nous donne aussi accès à d'importantes bases de données qui nous permettent de faire des sondages ou de proposer notre outil auprès d'un très grand nombre de personnes. »

Apprendre autrement

Secteur encore très institutionnalisé en France, le monde de l'éducation et de l'enseignement vit lui aussi sa mutation numérique. Les start-ups de l'edtech contribuent à cette évolution en proposant de nouvelles manières d'appréhender l'apprentissage.

« L'edtech en France, c'est 1,8 % de l'investissement dans les jeunes entreprises, précise Sandrine Braconnier, directrice de la MGEN Gard. La France est donc très en retard... La MGEN a lancé une étude de marché pour faire un état des lieux et nous avons notamment constaté l'éclatement des structures, des entreprises peu viables sur la durée, et des  difficultés à lever des fonds. Il faut que des grandes entreprises viennent soutenir l'innovation... Aujourd'hui, il est évident qu'on ne peut plus former les citoyens de demain en évinçant les pratiques des nouvelles technologies. Elles permettent de répondre à des profils d'apprentissage, à des besoins spécifiques. Il existe des freins institutionnels alors que bon nombre d'enseignants sont en recherche de solutions innovantes. »

Un point de vue partagé par Sandrine Dirani, CEO de la start-up parisienne Zeneduc : « Notre ambition initiale était de créer un cercle vertueux entre connaissance de soi et meilleur apprentissage afin de permettre de dépasser des blocages. Nous avons mis en place des programmes personnalisés pour des universités, des écoles ou des mairies car chacune a problématiques spécifiques et besoin d'une offre adaptée... Zeneduc se veut complémentaire à l'Éducation Nationale ».

Energies et mobilités propres

La transition écologique passera par les cleantechs. En Occitanie, le groupe EDF a initié une démarche territoriale dans le Gard, avec l'ambition d'y développer « la Silicon Valley des éco-industries », indique Virginie Monnier-Mangue, déléguée territoriale EDF Occitanie : « La Cleantech Vallée est née avec la fermeture de la centrale fioul d'Aramon. EDF s'est engagé à travailler l'après-fioul en partant des forces en présence du territoire. Ce projet compte aussi un accélérateur, le Cleantech Booster ».

L'énergéticien a aussi mis en place une démarche d'open innovation, avec son concours EDF Pulse dont la 2e saison Occitanie a été lancée le 17 janvier. Également engagé sur les problématiques de mobilité, le groupe porte des projets autour du véhicule électrique mais aussi de l'hydrogène.

« Le transport est l'un des secteurs les plus polluants, confirme Sébastien Roques, CEO de la start-up Evo Pods. Dans les contextes urbains, il est important de trouver d'autres solutions que la voiture. Il existe encore des freins à l'usage du vélo : Evo Pods propose de clipser une capsule par-dessus, pour le transformer en voiturette électrique. Toutes les collectivités travaillent la mobilité, y compris les villes moyennes et les territoires ruraux, auxquels nous proposons une solution de réseau low-cost de vélos partagés, avec des vélos recyclés. »

Chez Suez, Maximilien Pellegrini, délégué Eau France rappelle que « derrière le geste banal d'ouvrir un robinet, il y a industrie très innovante. On n'a pas le choix ! Il faut créer alchimie avec les start-ups qui nous apportent innovation... Par exemple, nos réseaux d'eau commencent à être anciens : nous avons recours à l'intelligence artificielle pour mieux investir ».

De l'étudiant au startupper

Parce que l'innovation peut s'exprimer très tôt, les écoles et universités ont mis en place des dispositifs d'accompagnement des jeunes étudiants-entrepreneurs. C'est le cas de Montpellier Management, dont la directrice Marie-Christine Lichtlé est venue témoigner de l'accompagnement de la création de Fraichy (site internet pour faire ses courses en ligne auprès des commerçants de bouche de la ville).

De son côté, Montpellier Business School accompagne ses étudiants entrepreneurs au sein de l'incubateur MBS Entrepreneur.

« Les étudiants ont des compétences théoriques qu'ils ont du mal à transformer en compétences opérationnelles, souligne Cyril Salort, coach MBS. Les incubateurs d'école doivent guider l'étudiant dans cette opérationnalisation de ses connaissances, même si la décision et le risque restent toujours du côté de l'entrepreneur. »

La soirée s'est conclue par le traditionnel concours de pitch, qui mettait en lice six start-ups, préalablement sélectionnées par un jury : Bass Me (caisson de basses personnel), Pousse-Pousse (box jardinage), Move in Med (coordination des parcours de soins), IoTerop (objets connectés pour l'industrie), FunBim (suivi de chantier digital) et Keetiz (cashback). C'est cette dernière qui a recueilli les plus de votes de la salle, exprimées via l'application Smyler, avec plus de 30 % des voix.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :