Comment Instadrone a imposé le drone dans l’industrie, l’agriculture ou les énergies

Lancée il y a huit ans à côté de Béziers, Instadrone est devenue une référence de la captation de données par drones, avec une croissance annoncée de 80% par an depuis trois ans. Forte d’un réseau d’une quarantaine d’agences en France et à l’étranger, elle poursuit son développement autour de son nouveau modèle : le drone est l’outil qui sert son bureau d’études.
Cécile Chaigneau

5 mn

Instadrone propose une gamme de prestations techniques réalisées par drones, notamment pour les télécommunications, la topographie, l'inspection (d'ouvrages d'art, de parcs éoliens ou photovoltaïques, inspection aquatique et subaquatique, etc.) ou l'agriculture.
Instadrone propose une gamme de prestations techniques réalisées par drones, notamment pour les télécommunications, la topographie, l'inspection (d'ouvrages d'art, de parcs éoliens ou photovoltaïques, inspection aquatique et subaquatique, etc.) ou l'agriculture. (Crédits : Instadrone)

A l'origine, c'est une startup lancée par un ancien gendarme, Cédric Botella, en 2014 à Servian (Hérault). Aujourd'hui, Instadrone est détenue à 30% par Iliad Free, la société de Xavier Niel, qui a pris ces parts en 2020, Free mobile étant le client le plus important d'Instadrone. Et l'entreprise s'est taillé une place de choix dans la captation (puis le traitement) des données par drones.

Après vingt ans de gendarmerie, notamment en brigade de recherche, Cédric Botella avait pressenti le formidable potentiel du drone.

« J'ai quitté la gendarmerie et créé Instadrone avec sa femme, et dès le début, j'ai observé l'appétence du secteur de l'industrie pour le drone, notamment le secteur des télécommunications. J'ai fait appel à des gendarmes en reconversion pour ouvrir un réseau de télé-pilotes professionnels sous licence de marque. Aujourd'hui, Instadrone, c'est 28 agences en France et 8 à l'étrangers, en Pologne, Italie, Bénélux, Maroc, Angola, Sénégal, Oman et Espagne. En France, nous sommes le premier réseau de téléopérateurs en nombre de pilotes et en chiffre d'affaires. »

Le chiffre d'affaires d'Instadrone s'est élevé à 4,3 millions d'euros en 2021, année où l'entreprise a recruté 14 personnes, montant ses effectifs à 23. Ils seront dix de plus d'ici fin 2022, annonce le dirigeant qui recherche techniciens topographes, chefs de projet, techniciens télécom.

« Nous réalisons une croissance d'activité de +80% depuis trois ans », souligne Cédric Botella.

Pivot

Instadrone propose une gamme de prestations techniques réalisées par drones, notamment pour les télécommunications, la topographie, l'inspection (d'ouvrages d'art, de parcs éoliens ou photovoltaïques, suivi de chantier, inspection aquatique et subaquatique jusqu'à 200 m de profondeur) ou l'agriculture. L'entreprise a aussi développé une offre de formation et a ouvert son centre de formation en novembre 2021 sur son siège à Servian.

90% de ses clients sont des grands comptes, parmi lesquels Suez, Veolia, Enedis, Total, EDF, Free Mobile, Altametris (SNCF).

« Fin 2021, nous avons gagné l'appel d'offre de l'inspection des lignes moyenne tension en France, et sur le segment des énergies renouvelables, nous sommes en contrat national avec Total Energies et EDF Renouvelables pour l'inspection des centrales photovoltaïques », précise Cédric Botella.

Mais depuis sa création, l'entreprise a opéré un pivot : « Nous avons été et sommes encore accompagnés par Marie-Anne Pechinot (ancienne directrice générale de Zimmer Biomet Robotics à Montpellier, aujourd'hui consultante, NDLR) dans cette stratégie. Aujourd'hui, on est un bureau d'études qui utilise des drones. Autrement dit, le drone est l'outil qui sert le bureau d'études. On a un réseau de télé-pilotes sous licence de marque, dont quatre au siège pour couvrir l'Occitanie, qui nous envoient de la donnée qu'on traite et valorise au bureau d'études ».

Bordeaux et Nîmes

Instadrone ouvrira en mai une nouvelle antenne sur la métropole de Bordeaux, basée sur la zone Technopole Bordeaux-Montesquieu à Martillac.

« Sur cette antenne, nous faisons évoluer le modèle : nous voulons y mettre le siège décentralisé pour toutes les questions d'agriculture de précision, explique Cédric Botella. Nous avons décroché un gros contrat avec l'entreprise Telespazio, une entité de Thalès, qui fait de l'imagerie satellitaire. Pour l'agriculture, il y a besoin d'une telle précision que cela nécessite des inspections par drones pour repérer les plantes invasives, voire mortelles pour l'homme, qui poussent dans les champs de culture et peuvent mettre à mal les productions. Nous cartographions les champs pour indiquer aux agriculteurs où arrache. L'antenne, qui emploiera une dizaine de personnels à terme, sera chargée de la gestion de ce contrat avec des ingénieurs et chefs d'opérations pour gérer les flux de missions. Car cela va représenter pas moins de 30.000 ha rien qu'en 2022 ! »

Le dirigeant envisage également d'ouvrir une antenne sur la future base européenne dédiée à la Sécurité civile et à la protection des personnes de Nîmes, à côté de l'aéroport. Un projet de longue date pour Nîmes Métropole, qui dispose déjà, depuis 2017, de la Base d'avions de la sécurité civile (dont les Canadair bombardiers d'eau).

« Nous voulons y installer un bureau pour développer l'activité search & rescue, précise le dirigeant. Nous sommes en discussion avec l'agglomération de Nîmes. C'est un projet qui pourrait aboutir à horizon 2023. »

Casablanca, peut-être la Suède et l'Islande

Pour son activité hors des frontières nationales, Cédric Botella veut « créer le même modèle que dans l'Hexagone, soit un chef de file capable de créer des agences avec des téléopérateurs indépendants qui travaillent sous notre marque partout dans le pays ». Aujourd'hui, Instadrone détient une agence à Agadir et prévoit d'en ouvrir une à Casablanca. Le dirigeant dit également « réfléchir à la Suède et à l'Islande ».

A l'étroit dans ses locaux de Servian, Cédric Botella indique être en train de monter un projet avec Viaterra (aménageur biterrois) en vue de créer, sur le Technoparc de Mazeran, « un pôle autour de la tech, de l'innovation et de la formation ». Ils visent la construction de locaux de 2.000 m2 pour accompagner sa croissance.

Cécile Chaigneau

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