Michaël Delafosse s’installe (confortablement) dans le fauteuil du maire de Montpellier

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Michael Delafosse est le nouveau maire de Montpellier.
Michael Delafosse est le nouveau maire de Montpellier. (Crédits : DR)
C’était l’un des scrutins les plus incertains après l’une des campagnes les plus folles... Dimanche soir 28 juin, le candidat Michaël Delafosse (liste socialiste et écologiste), qui partait favori dans les sondages, remporte le scrutin montpelliérain avec 47,23 % des voix, largement devant le maire sortant à 34,65 %. Comme partout en France, le taux de participation est resté faible.

MAJ 29 juin 2020 - 7h15 (Chiffres définitifs du scrutin)

C'est finalement à Michaël Delafosse (PS-PCF-EELV) que le scrutin offre le fauteuil de maire de la 7e ville de France, avec 47,23 % des voix, contre 34,65 % pour le maire sortant Philippe Saurel (DVG). Le capitaine d'industrie (aussi président du club de rugby montpelliérain MHR) Mohed Altrad (SE) obtient 18,12 % des suffrages exprimés.

« Ce soir, dans notre pays se passe quelque chose, déclare le nouveau maire de Montpellier, qui, tout au long de sa campagne, a prôné le rassemblement. Une nouvelle génération de maires accède aux responsabilités, c'est le signe qu'il faut entendre l'aspiration à plus de solidarité, à l'écologie comme nouveau paradigme. Avec Kléber Mesquida (président du Département de l'Hérault, NDLR) et Carole Delga (présidente PS de la Région Occitanie, NDLR), nous allons faire ensemble. Je dis aux forces économiques, au monde associatif, nous allons faire ensemble ! »

Carole Delga a twitté "Je suis heureuse de pouvoir retrouver un interlocuteur ouvert aux échanges et à l'action partenariale, prompt à saisir les projets qui relanceront la dynamique locale".

Le politologue montpelliérain Emmanuel Négrier observe que « certains diraient que c'est le système Frêche qui se perpétue. C'est un mandat de transition qui s'ouvre, qui doit allier deux points essentiels : l'écologie et le maintien du système social. Les villes et les métropoles sont en première ligne. L'espace métropolitain n'est pas isolé mais dans l'interdépendance avec les Régions et les Départements. Ce mandat de Michaël Delafosse est celui de tous les dangers mais aussi de toutes les capacités de recompositions... Mais il ne faut pas penser que la réconciliation avec la Région donne toutes les solutions, car les Régions française sont des nains politiques comparées aux régions espagnoles ou italiennes ».

Faible participation

Comme partout en France, la participation est restée faible. Dans le département de l'Hérault, elle était de 43,93 % à 17 h contre 46,83 % à la même heure au 1e tour (58,27 % en 2014). A Montpellier, même écart de trois points, avec une participation de 29,29 % à 17 h contre 32,69 % au 1e tour. Les chiffres définitifs annoncent une participation de 34,44 %, soit aussi faible qu'au premier tour (34,61 %)...

Partis à 14, les candidats n'étaient plus que trois à l'issue du 1e tour : Philippe Saurel avec 19,1 % des voix, Michaël Delafosse avec 16,6 % des voix, et Mohed Altrad avec 13,1 % des voix. L'abstention, 65,4 %, avait été la grande gagnante du premier tour...

Entre les deux tours, le maire sortant continuait de faire cavalier seul, tandis que le candidat socialiste nouait une alliance attendue avec la candidate EELV Coralie Mantion. Deux sondages réalisés par IFOP pour La Tribune et Midi Libre avaient tous les deux donné Michaël Delafosse gagnant.

Le match semblait donc vouloir se jouer entre le candidat socialiste et son ancien camarade du PS Philippe Saurel (dissident depuis les municipales de 2014) avec les abstentionnistes en guise d'arbitre...

Sur le parvis de l'Hôtel de ville dimanche soir, Philippe Saurel a déclaré : « Que je sois dans la majorité ou dans l'opposition, cela ne change rien, j'apporterai mon énergie au service des habitants.  [...] On se rend compte que maintenir notre présence à ce niveau est difficile sans structuration et c'est peut-être ce qui nous a manqué ».

« Je ne suis pas amer »

Enfin, l'équation possiblement gagnante sur le papier par l'addition hypothétique des voix du premier tour (près de 40 %) de Mohed Altrad, Clothilde Ollier (dissidente EELV), Alenka Doulain (collectif #NousSommes) et Rémi Gaillard (humoriste youtubeur) n'aura pas trouvé de concrétisation dans les urnes. Cet attelage baroque, à la ligne politique floue, n'aura réussi à convaincre personne.

« Je n'ai pas ressenti ce dénouement comme un échec, réagit Mohed Altrad. Je n'étais et ne suis pas amer, absolument pas. C'est certes une déception, mais s'il fallait qualifier mon sentiment à cet instant, je parlerais de fierté plutôt que de déconvenue. [...] Après ces mois passés dans les rues au contact des Montpelliérains et après les résultats des élections, je puis dire que j'ai été un candidat légitime. [...] Je souhaite au vainqueur, de réussir un mandat qui débute en des circonstances particulièrement ingrates. Je le lui souhaite très sincèrement, parce que sa réussite serait celle de notre ville qui a bien besoin de reprendre pied et de renouer avec l'avenir, l'espoir. »

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