Les 1ères Rencontres de la nouvelle région attirent 400 participants

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Le débat a réuni les acteurs politiques et économiques des deux régions.
Le débat a réuni les acteurs politiques et économiques des deux régions. (Crédits : Edouard Hannoteaux)
Objectif Languedoc-Roussillon et Objectif News ont créé l'événement en organisant, le 4 mai à Montpellier, les 1ères Rencontres de la nouvelle région, qui regroupaient certains des principaux acteurs politiques et économiques de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées. Le préfet préfigurateur, Pascal Mailhos, a voulu s'y montrer rassurant, face à un parterre de 400 participants.

Lundi 4 mai à Montpellier Business School, Objectif Languedoc-Roussillon et Objectif News (Toulouse) ont organisé les 1res Rencontres de la nouvelle région autour d'une partie des principaux acteurs politiques et économiques des deux territoires qui seront unis au 1er janvier prochain. Lors du débat, le préfet préfigurateur de la future grande région (et actuel préfet de région Midi-Pyrénées), Pascal Mailhos, a voulu les rassurer, en présence d'un public de 400 participants.

400 participants

"Le préfet préfigurateur a deux mois pour proposer, après échanges et débats, une feuille prévoyant la réorganisation des services de l'État dans la région. Il faut regarder dans les deux régions les forces qui existent et voir comment les mettre au mieux en valeur. Toutes les directions régionales ne seront pas dans la même ville. Aujourd'hui, la proportion de fonctionnaires d'État est de 55/45. Cette proportion sera maintenue."

Gouvernance partagée

Le président du Conseil régional Languedoc-Roussillon, Damien Alary, s'est de son côté montré ferme sur son intention de maintenir une dimension de capitale à Montpellier, alors que Toulouse est légitimement pressentie pour devenir le chef-lieu de la future grande région.

Les présidents de région

"Je ne vois pas pourquoi l'on recentraliserait sur Toulouse, déclare-t-il. Si les services de l'État revenaient à Toulouse, je me battrais pour que l'Hôtel de Région reste à Montpellier, pour que la gouvernance soit partagée entre les deux villes (...) Les entrepreneurs et les représentants des chambres consulaires sont inquiets. Si l'on n'a pas de centre décisionnel clair et précis, les groupes finiront par suivre. Il faut le pouvoir politique à un endroit, et le pouvoir administratif à l'autre."

Le maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Philippe Saurel, a rappelé qu'il a soutenu le projet de réforme territoriale. Mais aujourd'hui, il met en garde sur la manière de mettre en place la fusion des deux régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées :

"L'important, c'est que la France se réforme. Et cette réforme m'a paru être bonne dans son esprit premier. Toulouse et Montpellier se doivent de travailler ensemble. Et s'il n'y a pas de rééquilibrage dans la répartition, alors je résisterai davantage d'un point de vue politique."

Philippe Saurel fait ainsi allusion à son éventuelle candidature au scrutin régional de décembre prochain, dans un contexte où les directions préfiguratrices de Pôle Emploi, de l'ARS et du Rectorat, désormais connues, sont toulousaines.

Philippe Saure, président de M3M, et Pascal Mailhos, préfet préfigurateur

Un calendrier qui inquiète

De son côté, le président du Conseil régional Midi-Pyrénées, Martin Malvy, est sur la même longueur d'onde que son homologue de Languedoc-Roussillon, avec qui il travaille au quotidien pour tracer les grandes lignes de ce que sera la future région. Il précise cependant :

"Nous essayons de faire l'inventaire précis, de préparer les matériaux. Mais au final, c'est la nouvelle région qui prendra les décisions."

Car même si la région sera effective et fonctionnelle dès le 1er janvier 2016, les deux présidents de région n'ont pas caché que tout ne sera pas prêt dans neuf mois : certains pôles de réorganisation ne seront mis en place que dans quatre ou cinq ans. Un point qui fait grincer des dents Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse.

Alain Di Crescenzo (CCI de Toulouse), et Emmanuel Négrier (CNRS)

"Les chefs d'entreprises se battent au quotidien pour grossir et gagner en compétitivité. Et s'il y a quelque chose que l'on attend, c'est que ça aille vite : cinq ans, ça n'existe plus ! On ne travaille pas comme ça dans les entreprises. En cinq ans, on a perdu un combat et on a perdu la guerre. Ce n'est pas l'échelle de temps de l'entrepreunariat dans la compétition mondiale qui est la nôtre."

Rendez-vous le 18 mai

JL. Chauzy (Ceser MP)

Alors que le président du Ceser midi-pyrénéen Jean-Louis Chauzy estime que "le défi de la grande région est de créer une identité avec le challenge de la création de richesse", le docteur en sciences politiques et chercheur au CNRS, Emmanuel Négrier, s'interroge :

"Le budget des métropoles est de 2,5 Mds €. Celui des régions est de 2,5 Mds € aussi. Les dépenses publiques de l'ensemble des 13 départements est de 8 Mds €. Où est le centre de gravité ?"

Les deux préfets et JC Gallo (Objectif LR)

D'autres éléments de réponses seront donnés lors du "match retour", organisé par Objectif News et Objectif Languedoc-Roussillon le 18 mai, à Toulouse.

Crédits photos : Edouard Hannoteaux

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Commentaires
a écrit le 05/05/2015 à 10:14 :
Ils palabrent en "consommant NOTRE argent" pour s'assurer à chacun un revenu que NOUS leur verserons. Ils n'ont aucune valeur de l'argent car ce n'est pas le leur.
Mais ils ne feront aucune économie puisque la loi voulue par le président français a pour but de développer les Métropoles et de diminuer les régions. En final les couts augmenteront surtout pendant cette période transitoire. La France est folle et sa politique irréaliste : nivellement économique par le bas et une administration qui dépense sans compter. Pendant ce temps là les autres pays économisent et l'Angleterre attire les riches refoulés de France.

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