Bertin Nahum (Quantum Surgical) : « Nous créerons 30 à 40 emplois l’an prochain »

INTERVIEW - La société montpelliéraine Quantum Surgical vient d’obtenir un marquage CE pour son robot chirurgical baptisé Epione. Un acte fondateur de la vie commerciale de ce robot permettant d’éliminer les cellules cancéreuses du foie. Point d'étape avec son président, Bertin Nahum.

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Bertin Nahum a créé Quantum Surgical en 2017 à Montpellier, et l'entreprise lance aujourd'hui la commercialisation de son robot contre le cancer du foie.
Bertin Nahum a créé Quantum Surgical en 2017 à Montpellier, et l'entreprise lance aujourd'hui la commercialisation de son robot contre le cancer du foie. (Crédits : DR)

LA TRIBUNE - Vous venez d'obtenir le marquage CE pour votre robot chirurgical, Epione. Quel est votre sentiment à l'heure de commercialiser votre premier robot ?

BERTIN NAHUM, président de Quantum Surgical - Ce marquage CE constitue une étape majeure de notre développement. C'est en quelque sorte ce qui symbolise le passage d'un projet à un produit. C'est la preuve que le robot Epione (commercialisé au prix catalogue d'un million d'euros, NDLR) a fait preuve de son efficacité dans le traitement mini-invasif du cancer du foie. Cette technologie, qui permet de brûler localement une tumeur avec une aiguille percutanée, ne bénéficie à ce jour qu'à peu de patients.

Au-delà de la première vente, quelle est la prochaine étape pour Quantum Surgical ?
Nous avons déposé notre dossier auprès des autorités américaines, plus précisément de la Food & Drug Administration (FDA - ndlr). Nous sommes en discussion et espérons une certification au 1er trimestre 2022. Nous avons également entamé des démarches auprès du marché chinois. Le calendrier est moins prévisible. Cependant, nous anticipons une entrée sur le marché avant la fin de l'année 2022.

Le marché des robots chirurgicaux est aujourd'hui très concurrentiel, avec un nombre toujours plus important d'outils qui sont également très spécialisés. Les systèmes de soins sont-ils en mesure de financer des acquisitions toujours plus nombreuses ?
Sur le fond, la mutation et l'afflux de technologie ont effectivement un coût. Je pense cependant que cet afflux de technologie, particulièrement dans la robotique et l'IA, est durable. Il va aller en s'amplifiant. Quand les IRM sont apparues et se sont démocratisées, la société s'est posé cette même question. Existe-t-il une alternative ? Bien sûr que non. Cette évolution est inéluctable ! Le système de soins évolue pour le bénéficie des patients. Or, toutes les techs apportent des bénéfices. On ne peut pas les ignorer pour une seule question de coût.

Vous êtes aujourd'hui accompagné à votre capital par un fonds asiatique. Est-ce une volonté délibérée pour conquérir des marchés sur ce continent ou bien n'avez-vous pas trouvé de partenaire européen ?

Avec Medtech (société que Bertin Nahum a revendue 164 millions d'euros à l'Américain Zimmet Biomet en 2017, NDLR), j'ai eu des difficultés à faire accompagner la croissance de la société en France et en Europe. Avec Quantum Surgical, notre partenaire de Hong-Kong, Ally Bridge Group, a déjà versé 10 millions de dollars (8,45 millions d'euros environ, NDLR) et s'est engagé pour un montant global de 50 millions de dollars (environ 42,2 millions d'euros environ, NDLR) au gré de notre développement. Mon but n'est pas de créer une société et de lever des fonds mais de créer un leader. Or pour cela, l'inventivité et la combativité ne suffisent pas. Il faut du carburant. Et le carburant, c'est le capital et je vais le chercher là où il est. Il faut une prise de conscience globale en Europe sur ce sujet, car on observe partout dans le monde un développement important de la robotique.

Quels sont vos ambitions en termes d'embauches ?

Nous sommes actuellement 85 salariés. Nous prévoyons de finir l'année à 100. Nous créerons 30 à 40 emplois l'an prochain. Il s'agit d'ingénieurs, de techniciens, de commerciaux et de personnes attachées à la production car tout est assemblé à Montpellier et j'y tiens !

A présent qu'Epione est commercialisé, prévoyez-vous de développer d'autres robots ?
Non, car Epione est certifié pour d'autres applications dans l'abdomen. Le robot Da Vinci (développé par Intuitive Surgical, NDLR), qui fait référence, c'est le même depuis vingt ans ! Il est amélioré d'année en année. Il y a une profondeur de marché très importante. On ne va pas se disperser. Dans notre domaine, il est plus efficient d'exploiter au maximum le potentiel d'un même robot.

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